Task mining et RGPD : ce qu'on mesure, ce qu'on ne mesure pas
Observer le travail sur les postes sans enregistrer ce qui est tapé. La distinction n'est pas cosmétique : elle décide de la recevabilité du dispositif.
Le task mining observe l'activité sur les postes pour repérer les gestes répétés qu'aucun système ne trace : les allers-retours entre deux applications, les recopies, les attentes. La question qui vient toujours en premier, et à raison, est celle de la surveillance.
La ligne à ne pas franchir
Compter les frappes n'est pas enregistrer les frappes. Un compteur dit qu'il y a eu quarante saisies dans une fenêtre ; il ne dit ni lesquelles, ni leur contenu. La différence est celle entre une métadonnée et une capture.
- Ce qui est collecté : l'application active, la durée, des compteurs d'interaction agrégés.
- Ce qui ne l'est pas : le contenu saisi, les touches, le presse-papiers, les captures d'écran.
Ce que ça change à l'usage
L'analyse porte sur des motifs, pas sur des personnes : une séquence qui revient trente fois par jour chez huit opérateurs différents désigne un défaut d'outillage, pas un salarié. C'est aussi ce qui rend le résultat utilisable : personne ne coopère avec un dispositif qui le note.